Déverrouiller l’innovation en agriculture : l’apport d’une approche agroécologique

Un exposé à la conférence européenne  Designing the path: a strategic approach to EU agricultural research and innovation.

EU_Déverrouiller l’innovation from Philippe Baret on Vimeo.

Slides : 150127_Innovation_Baret

Contenu associé

Sur les principes de l’agroécologie

Sur l’innovation au Rwanda (en anglais)

On socio-economic principles of agroecology

On lock-ins : Vanloqueren, 2008 and Vanloqueren, 2009.

On funding of organic farming

Why are ecological, low-input, multi-resistant wheat cultivars slow to develop commercially? A Belgian agricultural ‘lock-in’ case study

Pdf of the paper : Vanloqueren-2008-Why are ecological

The use of multi-resistant cultivars allows a significant reduction in fungicide use in low input cropping systems. However, many major wheat cultivars used in Europe remain sensitive to frequent diseases and require fungicide protection. This paper aims at understanding the factors explaining the low level of adoption of multi-resistant wheat cultivars in Wallonia (Belgium). Cultivar adoption has been an important topic of research, but few analyses have been done in Europe in the past decades. We used a systems approach combining a survey among stakeholders in the food chain and a systematic analysis of the publications of extension services. We identified twelve factors impeding wider adoption of multi-resistant cultivars. These factors explain why current wheat cropping systems are maintained in a ‘pesticide lock-in’ situation, an economic concept that could be used more frequently to study agricultural innovations. Considering these intangible ‘barriers’ to current and forthcoming innovations is a first step towards a more comprehensive policy to promote sustainable agriculture. Similarities between Wallonia and France are discussed and methods of promoting wide use of resistant cultivars are proposed.

Alice Goffman, une sociologue engagée

Alice Goffman est une jeune sociologue engagée sur le terrain, travaillant en immersion et controversée. Un long article de Gideon Lewis-Krauss dans le New York Times magazine. La description d’une personnalité hors du commun et des polémiques qu’elle suscite mais aussi une discussion des postures comparées du journalisme et de la sociologie et un retour historique sur l’Ecole de Chicago.

Clarifying the socioeconomic dimensions of agroecology: between principles and practices

Version pdf Article Dumont 2016

ABSTRACT

The concept of agroecology is being mobilized increasingly. However, its socioeconomic dimensions receive little attention from academia. This study helps to clarify the socioeconomic principles of agroecology by first identifying a list of principles in popular and scientific literature and, as a second step, by putting the principles to the test of a qualitative study of two Belgian organizations. Agribio is a grain cooperative, and Les Grosses Légumes is a network of consumers, farmers, and the members of an association set up to organize the production and distribution of vegetable boxes. Semi-directed interviews of the various actors linked to these organizations were conducted and then analyzed through an approach inspired by the convention theory in order to reveal the principles that the stakeholders have adopted. The main findings are then made explicit by analysis of four strong agreements (which concern the two organizations’ marketing schemes, a Participatory Guarantee System set up by Les Grosses Légumes and Agribio’s flour mill).

The two case studies show the gap that exists between the principles that describe the horizon of agroecology and the principles that are actually put into practice by the parties in the field through various transition pathways.

Autour du Bec Hellouin

La ferme du Bec Hellouin est une remarquable expérience de maraichage permacole en Basse Normandie. Elle met en œuvre des techniques pointues en intégrant productivité, pertinence environnementale et esthétique. Cette expérimentation essentiellement technique fait l’objet d’un engouement médiatique qui dépasse son objet. Alors qu’elle est avant tout une expérimentation technique, elle est présentée dans certains cénacles comme une préfiguration d’un nouveau modèle agricole.

Un peu partout, à la campagne comme à la ville, des micro-fermes comme celle du Bec Hellouin pourraient voir le jour. « Je pense que les gens vont venir à la terre à temps partiel. On peut se lancer quasiment sans investissement, du jour au lendemain. », suggère Charles qui estime qu’un million de micro-fermes pourraient être créées, en France, dans les prochaines années. Soit un million d’emplois possibles : « 1 000 m2 cultivés en maraîchage bio permaculturel permettent de créer une activité à temps plein », estime l’ingénieur Sacha Guégan. « C’est un métier dur, rappelle Charles, mais nous vivons chaque jour dans la beauté de la nature qui nous entoure. » (http://www.bastamag.net/Bienvenue-dans-l-agriculture-de).

Cet optimisme ne résiste pas à une analyse fine de la comptabilité. Catherine Stevens,  au sein de l’ASBL Barricade, a réalisé un très beau travail de décorticage des dimensions économiques de la ferme .

2015 – Permaculture et maraichage biologique – Ferme du Bec Hellouin

Elle conclut notamment :

L’agriculture n’est pas en grande forme et des nouvelles manières de faire sont à inventer. Le développement de l’agriculture urbaine et péri-urbaine via la mise en place de projets de petite taille est une piste parmi d’autres qui offre des perspectives intéressantes pour un certain type de production. Le Bec Hellouin concourt à la faire connaitre et à l’expérimenter, notamment via l’importation des techniques de maraichage biologique intensif nord-américain. Mais elle tend aussi à la décrédibiliser aupres des sceptiques àqui l’on donne bien des raisons de le rester. L’étude et la méthode dites du Bec Hellouin ne proposent pas une solution qui peut-être légitimée dans le milieu agricole. Dommage et dommageable pour celles et ceux qui travaillent sérieusement à développer des alternatives crédibles (p 34-35)

Une analyse de Prisca Sallets pour Biowallonie rejoint les mêmes conclusions.

Analyse sur Bec Hellouin

François Léger a répondu à ces critiques et une nouvelle version du rapport est disponible.

Réponse à la publication sur le site barricade_29012016

Rapport-étude-2011-2015-Bec-Hellouin_30112015-2(1)

En conclusion de ce rapport, François Léger rappelle avec justesse que « Comme nous l’avons déjà dit et répété, nous n’avons fait qu’étudier les productions sur 1000 m², qui ne sont pas la Ferme du Bec Hellouin et dont nous n’avons jamais prétendu qu’ils puissent constituer à eux seuls une « vraie ferme ». Il reste donc des étapes pratiques et des études à réaliser pour comprendre comment un modèle comme Bec Hellouin peut être légitime en conditions réelles de production  et de commercialisation. C’est à ces étapes qu’il faudrait s’attacher au lieu de vendre médiatiquement une expérimentation qui n’est pas encore finie.

La ferme de Bec Hellouin bénéficie d’un aura positif énorme dans certains milieux. On peut comprendre la fascination devant la réalisation technique et sa cohérence et la preuve de concept technique est intéressante et utile.

En faire un modèle pour l’agriculture de demain demande une analyse plus fine de la réalité des systèmes alimentaires maraichers d’aujourd’hui. Antoinette Dumont réalise une thèse dans ce sens dans mon équipe.